De l’horizontal au vertical
Ce précepte pose le cadre global de la méthode : il distingue le réflexe horizontal, où l’on cherche dehors la cause, le responsable ou la solution, de la démarche verticale, où l’on revient à ce que la situation touche en soi pour reprendre la responsabilité de son expérience.
L’objectif est de sortir du blâme, de la plainte et de la dépendance aux comportements d’autrui pour revenir au pilotage intérieur, à la qualité de présence et à la capacité de se positionner de manière cohérente, quel que soit le contexte.
Phrase d’ancrage
Ce qui doit être compris
Architecture du raisonnement
Exemples à utiliser en séance
Quand l’enfant rencontre une difficulté, l’adulte aligné ne reste pas bloqué sur ce qui ne va pas autour de lui. Il se demande : « En attendant que l’extérieur change, qu’est-ce que je peux déjà lui transmettre pour qu’il retrouve de la stabilité et de la capacité ? »
- Évite de nourrir uniquement la plainte sur le système, la note ou la situation.
- Reviens à ce que l’enfant peut apprendre sur lui-même dans cette expérience.
- Incarne une posture de responsabilité calme : « On ne contrôle pas tout, mais on peut apprendre à se piloter. »
Exercice central
Proposer aux participants de partir d’une situation réelle récente où ils ont été fortement touchés (travail, famille, couple, contexte personnel).
1. Écriture en mode horizontal
Demander d’écrire la scène en décrivant : ce que l’autre (ou le système) a fait ou n’a pas fait, ce qu’ils lui reprochent, ce qui est perçu comme injuste, ce qui devrait changer dehors pour que cela aille mieux.
- Qu’est-ce que je raconte spontanément ? à cause de qui ? à cause de quoi ?
- Où est mon attention ? sur qui, sur quoi ?
2. Réécriture en mode vertical
Sur la même situation, proposer une seconde écriture à partir de la question : « Qu’est-ce que cela vient toucher en moi ? ». Inviter à nommer les besoins, valeurs, peurs, blessures, croyances ou habitudes activés, puis à écrire ce qu’ils peuvent décider maintenant dans leur manière de se positionner.
- Qu’est-ce que je ressens vraiment derrière ma colère, ma tristesse, ma fatigue ?
- De quoi j’ai peur dans cette situation ?
- Quelle phrase sur moi-même ressort de cette scène (« je suis… », « je ne suis pas… ») ?
- Quel choix concret je peux faire, et quelles conséquences je suis prêt(e) à assumer ?
3. Partage et engagement
Proposer un partage en binômes ou en grand groupe, toujours sur base du volontariat, en autorisant aussi l’utilisation d’exemples observés à l’extérieur pour ceux qui ont besoin de sécurité. Clôturer par une phrase d’engagement personnelle : « Dans quelle situation précise vais-je m’entraîner à passer en vertical dans les jours qui viennent ? ».
Posture d’animation
Questions utiles en séance
- Dans la manière dont tu racontes la situation, qu’est-ce qui parle de l’extérieur (les autres, le système, le contexte) ? qu’est-ce qui parle de toi ?
- Si tu enlèves les noms des personnes et les circonstances, qu’est-ce qui reste comme besoin, comme peur, comme valeur touchée ?
- Qu’est-ce que tu attends que l’autre fasse ou change pour que tu te sentes mieux ? qu’est-ce que tu pourrais faire évoluer en toi, indépendamment de sa réaction ?
- Qu’est-ce que tu te racontes sur toi-même dans cette situation (« je suis… », « je ne peux pas… ») et d’où vient cette phrase ?
- Quel choix concret tu as devant toi aujourd’hui ? qu’est-ce que tu gagnes à ne pas le faire ? à quoi tu devrais renoncer si tu le faisais ?
- Si tu te positionnes en vertical, qu’est-ce qui change dans ta manière de voir cette scène ? dans ton niveau de tension ? dans ta façon de parler aux autres ?