Savoir-être · Savoir-vivre · Savoir-faire
Ce précepte sert à poser une différence fondamentale : on a appris à vivre avec les autres et on a appris à faire des choses, mais on n’a presque jamais appris à être avec soi-même pour pouvoir fonctionner correctement dans ce qui arrive. Le savoir-vivre concerne l’éducation, l’intégration, le vivre ensemble et les codes de relation. Le savoir-faire concerne les compétences acquises, les techniques, les métiers et les capacités d’exécution.
Le savoir-être, lui, est présenté comme une compétence oubliée, mais centrale. Il s’apprend. Il s’enseigne. Il repose sur la compréhension de ce sur quoi chaque être humain s’appuie pour fonctionner, puis sur l’intégration de préceptes, de principes et d’un entraînement quotidien qui ramène au vertical pour pouvoir s’adapter à toute circonstance extérieure avec alignement, discernement, maturité, responsabilité, autonomie et responsabilité.
On t’a appris le savoir-vivre, on t’a appris le savoir-faire, mais on ne t’a pas appris le savoir-être ; pourtant c’est ce pilier qui permet de te piloter, de t’adapter et de fonctionner de manière optimale.
Ce qui doit être compris
Le savoir-être n’est pas un don réservé à quelques-uns. C’est une compétence acquise. Comme toute compétence, elle s’apprend, se répète, s’intègre et devient accessible par l’expérience, la compréhension et l’entraînement.
Le rôle des enseignants est d’expliquer sur quoi l’être humain s’appuie pour fonctionner : perception, projection, croyances, imaginaire, attention, intention, gestion et adaptation. On ne demande pas de croire ; on amène des repères pour comprendre et se piloter.
La finalité n’est pas de dépendre d’un accompagnement permanent. La finalité est de devenir autonome, indépendant, responsable, respectueux de soi et des autres, capable de faire des choix et de s’adapter à toute situation extérieure.
C’est le plan horizontal du vivre ensemble : les règles, les codes, l’éducation, le respect du cadre, la manière de cohabiter et de se comporter dans un contexte donné.
C’est le plan horizontal de l’action : les compétences métier, les techniques, les méthodes, les gestes, les procédures et la capacité à produire un résultat.
C’est le plan vertical du pilotage intérieur : comment je prends l’information, comment je l’interprète, ce que je projette, ce que je nourris, comment je me positionne, comment je me gère et comment je m’adapte.
Le savoir-vivre et le savoir-faire sont visibles à l’extérieur. Le savoir-être détermine la qualité réelle de l’utilisation de tout le reste.
Architecture du raisonnement
Ce que le formateur doit marteler
- Le savoir-être est une compétence.
- Une compétence s’apprend, donc elle peut s’enseigner.
- Les enseignants ne sont pas là pour accompagner à vie, mais pour transmettre des repères de fonctionnement.
- On apprend en intégrant des préceptes, pas en tournant autour de son histoire pendant des heures.
- L’entraînement quotidien sert à quitter l’horizontal pour revenir au vertical.
- Le résultat attendu est l’adaptabilité dans toute circonstance extérieure.
- Le fruit de cet apprentissage est le pilotage, l’alignement, le discernement, la maturité, la responsabilité, l’autonomie et le respect.
Universel
Une personne sait qu’il faudrait se calmer, prendre du recul et ne pas tout prendre contre elle. Elle a donc déjà le discours.
Mais dès qu’une situation la touche, elle repart dans son histoire, nourrit son imaginaire et réagit. Le manque n’est pas du côté du savoir-vivre ; il est dans le savoir-être, donc dans la capacité à revenir au vertical et à se piloter.
Professionnel
Un professionnel connaît son métier et sait ce qu’il faudrait faire pour bien communiquer en équipe. Il a du savoir-faire et du savoir-vivre.
Pourtant, quand il reçoit une remarque, il se braque, se sent attaqué, se justifie ou rumine après coup. Le problème n’est pas son niveau de compétence métier, mais l’absence de compétence dans le pilotage intérieur.
Famille / couple
Une personne sait qu’il faudrait parler avec respect, écouter, ne pas accuser trop vite et rester posée. Elle connaît les bons codes.
Mais si elle se sent rejetée, non reconnue ou trahie, elle repart dans une mécanique de réaction. Ce qui lui manque n’est pas la règle de relation ; c’est la capacité apprise à gérer ce que la situation réveille en elle.
Ces exemples servent à montrer qu’on peut avoir des connaissances et des codes, tout en manquant encore de verticalité, de pilotage et d’adaptation.
Exercice en un bloc
Partir d’une situation récente où la personne a réagi, s’est sentie touchée, s’est dispersée mentalement ou n’a pas su se positionner comme elle l’aurait voulu.
Lui faire distinguer ce qu’elle savait déjà du bon comportement ou de la bonne manière de faire, puis lui demander sur quoi elle s’est réellement appuyée intérieurement : perception, projection, croyance, imaginaire, peur, besoin de reconnaissance, non-choix ou réaction.
Revenir ensuite aux préceptes utiles pour lire la scène autrement et montrer que l’apprentissage consiste à refaire ce chemin encore et encore, jusqu’à ce que la personne sache naturellement revenir au vertical, se piloter et s’adapter avec plus d’alignement, de discernement et de responsabilité.
Posture d’animation
- Insister clairement sur le fait qu’il s’agit d’une compétence et non d’un discours inspirant ou d’un concept flou.
- Parler comme un enseignant qui transmet des repères de fonctionnement, pas comme quelqu’un qui veut convaincre à tout prix.
- Expliquer sur quoi l’être humain s’appuie pour fonctionner plutôt que commenter les personnes ou psychologiser les situations.
- Ramener au vertical dès que le participant repart dans l’événement, dans l’autre, dans l’injustice, dans l’excuse ou dans le besoin d’avoir raison.
- Faire revenir sans cesse aux préceptes, aux principes, à la logique de fonctionnement, à la cohérence et à l’adaptabilité.
- Rappeler que l’intégration demande répétition, pratique, entraînement et implication personnelle.
- Montrer que le but n’est pas la dépendance à un formateur, mais l’autonomie, l’indépendance et la responsabilité.
- Tenir l’axe du respect : respect de soi, respect des autres, respect du contexte, sans perdre l’authenticité mais en la rendant adaptable.
Questions utiles
- Dans cette situation, qu’est-ce que tu connaissais déjà du bon comportement ou de la bonne manière de faire ?
- Qu’est-ce qui t’a empêché de le vivre réellement ?
- Sur quoi t’es-tu appuyé intérieurement pour fonctionner à ce moment-là ?
- Qu’est-ce que tu as perçu, imaginé, conclu ou renforcé en toi ?
- Es-tu resté dans l’horizontal ou es-tu revenu au vertical ?
- Quel précepte permet ici de remettre de la clarté ?
- Comment retrouver de l’alignement, du discernement et de la responsabilité dans cette scène ?
- Qu’est-ce qu’une réponse plus mature, plus autonome et plus adaptée aurait demandé de toi ?
Liens avec les autres préceptes
Ce précepte donne le point d’appui central : le savoir-être se travaille dans le retour à soi, pas dans la recherche extérieure du responsable.
Il permet de montrer concrètement sur quoi l’être humain s’appuie pour fonctionner et pourquoi une même situation ne produit pas la même réponse chez tous.
Le savoir-être ne se développe pas sans voir le poids des croyances, des projections et de l’imaginaire dans la manière de vivre les circonstances.
Ce que l’on nourrit, regarde, répète et entretient oriente le fonctionnement interne ; ce précepte soutient donc l’entraînement quotidien.
Le savoir-être ne devient réel qu’à travers un processus d’intégration, de répétition, d’erreur, de pratique et de montée en maturité.