Fiches d’animation · 9 fonctions cérébrales

Rééduquer le cerveau et ses fonctions cérébrales

Quand on a un problème physique, on va demander à un professionnel de rééduquer une fonction mécanique du corps. Ici, c’est le même principe : on va rééduquer le cerveau et ses fonctions cérébrales.

Pour expliquer simplement le système, on peut comparer les fonctions cérébrales à un moteur de voiture : quand une pièce dysfonctionne, tout le reste essaie de compenser, mais on ne peut pas rouler longtemps avec un moteur déréglé.

Ces 9 fonctions cérébrales sont responsables, quand elles ne sont pas rééduquées ou pas bien amenées, de beaucoup de blocages ; la clé pédagogique, c’est de faire comprendre la mécanique interne et la relation à soi-même, sans culpabiliser.

Progression générale

Le sens naturel du développement des fonctions cérébrales

Les 4 phases ci-dessous correspondent au sens naturel du développement des fonctions cérébrales. En pratique, dans les exercices et dans les rituels, plusieurs fonctions peuvent se travailler en même temps, mais cette progression aide à comprendre la logique d’ensemble.

  • Phase 1 : stabiliser le système – concentration, conscience d’éveil, récupération.
  • Phase 2 : structurer l’intelligence – imagination, apprentissage-mémoire, compréhension.
  • Phase 3 : réorienter le comportement – responsabilité et voies de récompense.
  • Phase 4 : ouvrir la relation et la sécurité interne – capacité à faire confiance.
Phase 1 · Fonction 1

Concentration

Définition de la fiche

La concentration, c’est la capacité à se centrer. Dans concentration, il y a la notion de centrer. C’est focaliser son attention sur une chose précise, écouter, capter, suivre ce qui se passe ici et maintenant.

Le point important

Ici, ce qu’on cherche, c’est de remettre le projecteur au bon endroit. Une personne peut vouloir écouter et pourtant rater l’information dès le début, simplement parce que son système de concentration ne tient pas. L’objectif n’est pas de lui demander plus de volonté, mais de réactiver concrètement la fonction.

Ce que cette fonction permet

Se centrer, focaliser l’attention sur une chose précise, écouter, capter, suivre ce qui se passe ici et maintenant, entrer dans l’information dès le début au lieu d’arriver après.

Comment on voit qu’il y a un blocage

  • L’enfant ou l’adulte ne sait pas écouter – pas parce qu’il ne veut pas, mais parce que son système de concentration ne marche pas.
  • Il part dans la lune.
  • L’intention n’est pas focalisée sur lui ; elle est focalisée sur papa, maman, la fratrie, un deuil, etc.
  • Il veut écouter, mais pendant qu’il se met en état d’écouter, l’autre a déjà commencé à parler.

Conséquences du blocage

  • Impuissance à l’apprentissage (“je ne sais plus apprendre”).
  • Perte du début de la phrase, donc du sens global.
  • Décrochage scolaire ou professionnel.
  • Découragement, alors que le problème n’est pas la volonté.

Métaphore à utiliser

C’est comme un projecteur : si tu n’arrives pas à le pointer au bon endroit, tu es dans le noir même si la lumière existe.

Exemple concret

Un enfant à l’école, on lui parle, on lui dit “arrête de partir dans la lune, on est là”. Et pourtant, il essaie, il y va, mais son cerveau s’en va. Ce n’est pas de la mauvaise volonté.

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Exercice du stylo jaune

Objectif : réactiver le centrage visuel et l’entrée en attention.

  1. Présenter un stylo jaune ou un objet visuel simple.
  2. Demander : “Tu regardes le stylo jaune, sans le perdre de vue.”
  3. Commencer par quelques secondes (3–5 s) si nécessaire.
  4. Répéter plusieurs fois.
  5. Allonger progressivement quand le système tient mieux.

Ce que ça fait travailler : centrage, stabilité de l’attention, qualité d’écoute, meilleure entrée dans l’information.

Progression pédagogique

  1. Éviter de poser une durée trop longue d’emblée.
  2. Multiplier les petites réussites plutôt qu’une longue tenue ratée.
  3. Faire verbaliser : “À quel moment ton attention est partie ?”
  4. Montrer comment de petites répétitions peuvent rapidement améliorer la compréhension et l’écoute.
Phase 1 · Fonction 2

Conscience d’éveil

Définition de la fiche

La conscience d’éveil est souvent confondue avec la concentration alors que ce n’est pas la même chose du tout. La concentration, c’est diriger son attention. La conscience d’éveil, c’est être pleinement présent à ce qui est là, sans effort, sans focalisation forcée, sans se faire happer automatiquement. On pourrait dire simplement : la concentration serre, la conscience d’éveil ouvre.

Le point important

L’erreur classique serait de transformer ces exercices en performance. Ici, il n’y a rien à réussir, rien à améliorer, il y a juste à voir. C’est précisément ce basculement – du contrôle vers la conscience – qui rééduque le système.

Ce que cette fonction permet

Être pleinement présent à ce qui est là, affiner la présence, stabiliser un état d’éveil lucide, sortir du mode pilote automatique, sentir ce qui se passe dans le geste, dans le corps, dans la perception, dans la relation.

Comment on voit qu’il y a un blocage

  • La personne n’est pas dans la conscience du geste.
  • Elle est dans “il faut que j’y arrive” au lieu d’être dans la technique.
  • Elle quitte l’intérieur de soi pour aller vers le résultat, la pression, le regard extérieur.
  • Elle se fait happer automatiquement par ses automatismes.

Conséquences du blocage

  • Panique.
  • Perte de maîtrise.
  • Échec dans la performance.
  • Obsession du résultat au lieu de la conscience du processus.
  • Déconnexion d’avec soi.

Métaphore à utiliser

C’est un peu comme quand on dort : ça se coupe, et pourtant nos oreilles n’arrêtent pas de fonctionner, mais on est à l’intérieur.

Exemple concret

Dans le sport, Bruno explique que chaque fois qu’il ratait, c’est qu’au lieu d’être dans la technique du geste qu’il devait faire, il était dans “il faut que j’y arrive”. De même, pour apprendre à nager, on peut amener quelqu’un à ressentir l’eau, les appuis, les sensations du corps, au lieu de rester focalisé sur le résultat.

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Exercice des 5 sens simultanés

Objectif : élargir le champ de conscience.

  1. Demander 3 choses que tu vois.
  2. 3 choses que tu entends.
  3. 3 sensations corporelles.
  4. Puis faire tout en même temps, sans prioriser.

Ce que ça fait travailler : perception globale, sortie du mode pilote automatique.

Présence passive

Objectif : être conscient sans contrôler.

  1. S’asseoir, immobile.
  2. Laisser venir pensées, sons, sensations.
  3. Ne rien modifier.
  4. Consigne clé : “Tu observes, mais tu ne touches rien.”

Ce que ça fait travailler : observation pure, désidentification des pensées.

Ralentissement volontaire

Objectif : augmenter la conscience dans l’action.

  1. Choisir une action simple : boire, marcher, écrire.
  2. La ralentir volontairement d’environ 50 %.
  3. Variante : décomposer chaque micro-mouvement.

Ce que ça fait travailler : présence dans le geste, finesse sensorielle.

Rupture automatique

Objectif : casser les routines inconscientes.

  1. Donner une tâche inhabituelle : se brosser les dents avec l’autre main, changer l’ordre des actions quotidiennes.
  2. Observer chaque sensation nouvelle.

Ce que ça fait travailler : réveil de la conscience, sortie des schémas automatiques.

“Je remarque que…”

Objectif : créer une distance consciente.

  1. Pendant 5 minutes, verbaliser intérieurement :
  2. “Je remarque que je pense…”
  3. “Je remarque une tension…”
  4. “Je remarque un bruit…”

Ce que ça fait travailler : métacognition, lucidité mentale.

Champ visuel ouvert

Objectif : élargir la conscience visuelle.

  1. Fixer un point devant soi.
  2. Étendre l’attention aux bords du champ visuel.
  3. Sans bouger les yeux, seulement élargir la perception.

Ce que ça fait travailler : conscience diffuse, état d’éveil élargi.

Écoute totale

Objectif : être totalement présent à un flux.

  1. Écouter un son, une musique, l’environnement.
  2. Ne pas analyser, juste recevoir.
  3. Variante : écouter le silence entre les sons.

Ce que ça fait travailler : présence non mentale, immersion.

Scan de l’instant

Objectif : capter l’instant présent dans sa globalité.

  1. À un moment aléatoire, poser mentalement :
  2. “Où suis-je ?” – “Que ressens-je ?” – “À quoi je pense ?”
  3. Sans jugement, juste constater.

Ce que ça fait travailler : ancrage immédiat, conscience instantanée.

Présence relationnelle

Objectif : être conscient dans l’interaction.

  1. Regarder quelqu’un parler.
  2. Être attentif à ses mots, à ton ressenti, à ton corps.
  3. Ne pas préparer de réponse.

Ce que ça fait travailler : présence sociale, écoute profonde.

Phase 1 · Fonction 3

Faculté de récupération

Définition de la fiche

La faculté de récupération, c’est ce qui permet au système de ne pas s’effondrer dans la durée. On parle souvent de performance, d’attention, de volonté, mais sans récupération la concentration chute, la mémoire sature, la régulation émotionnelle s’effondre et la motivation disparaît.

Le point important

La récupération, ce n’est pas se reposer au sens passif. C’est la capacité à revenir à un état fonctionnel optimal après un effort, un stress ou une surcharge. On récupère quand le système ralentit vraiment, pas juste quand on s’arrête physiquement.

Ce que cette fonction permet

Restaurer l’énergie mentale, émotionnelle et physiologique efficacement, éviter l’épuisement, maintenir un bon niveau de fonctionnement, garder une attention, une mémoire et une motivation stables dans la durée.

Comment on voit qu’il y a un blocage

  • Sommeil dégradé.
  • Surcharge d’écrans, de séries, de stimulations (on enchaîne les épisodes tard dans la nuit, par exemple).
  • Fatigue qui ne récupère pas.
  • Impression de ne jamais vraiment se poser.
  • Récupération émotionnelle incomplète après des événements marquants.

Conséquences du blocage

  • Épuisement chronique.
  • Perte de sécurité intérieure.
  • Méfiance, fermeture relationnelle.
  • Mode survie permanent.
  • Incapacité à digérer les événements, à tourner la page.

Métaphore à utiliser

Un moteur peut être puissant, mais s’il n’a pas de système de refroidissement, il chauffe, sature et finit par casser. La récupération, c’est ce système de refroidissement du cerveau et du corps.

Exemple concret

Après une blessure de confiance, certaines personnes décident “plus jamais je ne ferai confiance”. Elles pensent qu’on leur a volé quelque chose, alors qu’en réalité la fonction n’a pas récupéré et le système reste bloqué en méfiance et en défense.

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Respiration de récupération

Objectif : réguler rapidement le système nerveux.

  1. Inspirer 4 secondes.
  2. Expirer 6 secondes.
  3. Maintenir 2 à 5 minutes.
  4. Insister sur l’expiration longue.

Ce que ça fait travailler : activation du parasympathique, retour au calme rapide.

Relâchement corporel

Objectif : libérer les tensions accumulées.

  1. Contracter fortement une zone pendant 5 secondes.
  2. Relâcher complètement.
  3. Parcourir progressivement tout le corps.

Ce que ça fait travailler : détente musculaire, conscience corporelle.

Micro-pauses conscientes

Objectif : éviter la saturation.

  1. Toutes les 45 à 60 minutes, prendre 2 minutes de pause.
  2. Respirer, regarder au loin.
  3. Sans téléphone ni écran.

Ce que ça fait travailler : prévention de la fatigue, récupération continue.

Décharge mentale

Objectif : libérer la surcharge cognitive.

  1. Écrire tout ce qui encombre l’esprit, sans filtre.
  2. Puis hiérarchiser ou laisser partir.

Ce que ça fait travailler : clarté mentale, réduction du stress.

Récupération active

Objectif : relancer l’énergie sans sur-stimuler.

  1. Marcher lentement.
  2. Ajouter des étirements ou un mouvement doux.
  3. 5 à 10 minutes.

Ce que ça fait travailler : circulation, réactivation douce.

Coupure sensorielle

Objectif : réduire la stimulation.

  1. Se mettre dans le calme.
  2. Éteindre écrans et bruits.
  3. Fermer les yeux 3 à 10 minutes.

Ce que ça fait travailler : repos du système nerveux, baisse de la charge sensorielle.

Récupération émotionnelle

Objectif : digérer une charge émotionnelle.

  1. Identifier l’émotion.
  2. La nommer précisément.
  3. Respirer avec elle.
  4. Consigne : “Je laisse l’émotion circuler sans la bloquer.”

Ce que ça fait travailler : régulation émotionnelle, résilience.

Transition consciente

Objectif : éviter les résidus mentaux entre deux tâches.

  1. Entre deux activités, prendre 1 à 2 minutes.
  2. Respirer.
  3. Poser l’intention suivante : “Je termine, je passe à…”

Ce que ça fait travailler : clarté mentale, récupération entre tâches.

Sommeil stratégique / micro-récupération

Objectif : restaurer rapidement.

  1. Faire une sieste de 10 à 20 minutes si possible.
  2. Ou rester yeux fermés en repos profond.

Ce que ça fait travailler : récupération cognitive, consolidation.

Phase 2 · Fonction 4

Imagination

Définition de la fiche

L’imagination, ce n’est pas rêver au sens vague. C’est la capacité à générer des images internes, manipuler des scénarios, créer du possible. Une imagination pauvre limite la créativité, la projection et même la motivation ; une imagination entraînée devient un levier de transformation mentale très puissant.

Le point important

Dans l’atelier, l’objectif est triple : activer l’imagerie mentale, la rendre précise et stable, apprendre à la diriger volontairement. Le rôle de l’animateur n’est pas de créer l’imagination, mais de la rendre visible, de la muscler, et de la mettre au service de la vie réelle.

Ce que cette fonction permet

Se projeter, créer des scénarios mentaux, anticiper, visualiser, influencer le comportement et les émotions, donner une direction volontaire à son film intérieur.

Comment on voit qu’il y a un blocage

  • L’imagination part dans des scénarios de peur, d’échec, de catastrophe.
  • On se projette en train de rater, de perdre le fil, de se tromper.
  • Le film intérieur se joue contre soi au lieu de soutenir l’action.

Conséquences du blocage

  • Stress anticipé.
  • Auto-sabotage.
  • Confusion entre projection mentale et réalité.
  • Perte de confiance avant même d’agir.
  • Paralysie par la peur imaginée.

Métaphore à utiliser

L’imaginaire, c’est comme un projecteur de cinéma : tu peux projeter un film d’horreur ou un film inspirant. Le cerveau réagit comme si c’était vrai dans les deux cas.

Exemple concret

Avant une vidéo, une prise de parole ou une situation délicate, beaucoup se voient déjà rater. Ils ne se voient pas réussir ; ils se projettent dans l’échec, et le corps réagit déjà comme si c’était réel.

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Visualisation simple

Objectif : créer une image mentale claire.

  1. Demander d’imaginer un objet simple (pomme, tasse…).
  2. Explorer couleur, texture, lumière, taille.
  3. Faire tourner l’objet mentalement.

Ce que ça fait travailler : netteté et stabilité de l’image mentale.

Transformation mentale

Objectif : rendre l’imagination dynamique.

  1. Imaginer un objet.
  2. Le transformer progressivement : couleur, forme, matière.
  3. Exemple : une tasse devient en verre, fond, puis devient liquide.

Ce que ça fait travailler : flexibilité mentale, manipulation interne.

Scène immersive

Objectif : créer un environnement complet.

  1. Imaginer un lieu (plage, forêt…).
  2. Ajouter sons, odeurs, sensations corporelles.
  3. Consigne : “Tu ne l’imagines pas, tu y es.”

Ce que ça fait travailler : immersion sensorielle, profondeur de l’imagination.

Film mental dirigé

Objectif : structurer un scénario.

  1. Créer une mini-histoire de 2–3 minutes.
  2. Avec un début, une action, une fin.
  3. Variante : ajouter un imprévu.

Ce que ça fait travailler : cohérence narrative, imagination active.

Anticipation concrète

Objectif : utiliser l’imagination pour la vie réelle.

  1. Imaginer une situation à venir (rendez-vous, prise de parole…).
  2. Visualiser le déroulé, les émotions, les réactions.
  3. Version avancée : imaginer plusieurs scénarios possibles.

Ce que ça fait travailler : projection mentale, préparation cognitive.

Imagination contrainte

Objectif : stimuler la créativité.

  1. Donner 3 éléments aléatoires (clé, océan, horloge…).
  2. Créer une scène qui les relie.

Ce que ça fait travailler : créativité, association d’idées.

Mémoire imaginative

Objectif : renforcer le lien perception–imagination.

  1. Observer un objet réel 30 secondes.
  2. Fermer les yeux.
  3. Le reconstruire mentalement.
  4. Comparer ensuite les détails oubliés.

Ce que ça fait travailler : précision, lien perception-imagination.

Changement de point de vue

Objectif : enrichir la perception.

  1. Imaginer une scène.
  2. La voir à travers les yeux d’un autre personnage.
  3. Ou en vue extérieure, comme un film.

Ce que ça fait travailler : flexibilité cognitive, empathie imaginative.

Imagination corporelle

Objectif : connecter imagination et corps.

  1. Imaginer chaleur dans les mains, lourdeur dans les bras, légèreté dans le corps.
  2. Observer les effets réels.

Ce que ça fait travailler : influence mentale sur le corps, incarnation.

Phase 2 · Fonction 5

Apprentissage & mémoire

Définition de la fiche

L’apprentissage et la mémoire, c’est le socle de tout le reste. Sans ça, pas de progression durable, pas d’intégration réelle, pas de transformation profonde. La mémoire n’est pas un stockage passif ; c’est un processus actif : encoder, consolider, récupérer.

Le point important

La majorité des gens relisent, surlignent, répètent passivement et pensent apprendre. En réalité, on apprend en récupérant, pas en relisant. Ici, ce qu’on cherche, c’est : mieux encoder, mieux retenir, mieux retrouver.

Ce que cette fonction permet

Aller vers de nouvelles choses, fixer ce qu’on a appris, consolider dans le temps, retrouver l’information quand on en a besoin, transformer l’effort en compétence réelle.

Comment on voit qu’il y a un blocage

  • Volonté de réussir immédiatement.
  • Abandon dès qu’on n’y arrive pas du premier coup.
  • Frustration face au temps que ça prend.
  • “Je n’ai pas réussi, je ne vais jamais y arriver.”

Conséquences du blocage

  • Frustration chronique.
  • Sentiment d’échec.
  • Difficulté à progresser.
  • Impression de stagner.
  • Perte de motivation.

Métaphore à utiliser

Le chemin d’apprentissage est fait de petits pas ; peut-être 15 secondes de progrès, puis 8 minutes plus difficiles, puis un nouveau petit pas. Chaque micro-progrès rapproche de l’objectif.

Exemple concret

Quand on gère un programme ou une nouvelle manière de travailler, le but n’est pas de réussir en une fois. On peut échouer une première fois, un peu mieux réussir une deuxième, puis encore un peu mieux. C’est l’accumulation qui compte.

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Encodage actif

Objectif : améliorer la mémorisation dès l’entrée.

  1. Donner une information : mot, concept, phrase.
  2. Demander de la reformuler.
  3. La relier à une expérience personnelle.
  4. Créer une image mentale.

Règle : si tu ne transformes pas l’info, tu ne la retiens pas.

Rappel libre

Objectif : renforcer la récupération.

  1. Présenter une liste de 10 à 15 éléments.
  2. Retirer le support.
  3. Demander de restituer un maximum d’éléments.
  4. Ne pas redonner la réponse immédiatement.

Répétition espacée

Objectif : consolider dans le temps.

  1. Revoir une information 10 minutes après.
  2. Puis 1 heure après.
  3. Puis le lendemain.
  4. Variante : utiliser des cartes (flashcards).

Regroupement (chunking)

Objectif : faciliter le stockage.

  1. Donner une série complexe (ex : 7 4 1 9 8 2 0 2 4).
  2. La regrouper (741 / 982 / 024) ou la transformer en date, code, petite histoire.

Association mentale

Objectif : créer des liens mnésiques.

  1. Associer chaque élément à une image ou une émotion.
  2. Plus c’est étrange, plus ça marque.

Méthode des lieux

Objectif : structurer la mémoire.

  1. Imaginer un lieu familier.
  2. Placer chaque information dans une pièce.
  3. “Marcher mentalement” pour les récupérer.

Apprentissage par enseignement

Objectif : renforcer l’intégration.

  1. Apprendre un contenu.
  2. Le réexpliquer à quelqu’un ou à voix haute.
  3. Variante : l’expliquer comme à un enfant.

Discrimination

Objectif : éviter les confusions.

  1. Présenter des éléments proches (concepts, mots…).
  2. Demander de repérer les différences.

Récupération sous contrainte

Objectif : rendre la mémoire robuste.

  1. Poser des questions avec limite de temps.
  2. Ou dans un contexte différent (en marchant, en parlant…).
Phase 2 · Fonction 6

Compréhension

Définition de la fiche

La compréhension, ce n’est pas juste avoir compris. C’est accéder à un niveau de sens plus profond. La vraie compréhension, c’est quand tu as compris que tu n’avais pas compris, et que tu peux reformuler, relier, transférer.

Le point important

Ici, ce qu’on cherche, c’est sortir de la compréhension rapide et superficielle, et développer la capacité à voir où c’est encore flou. L’intelligence, ce n’est pas de tout savoir, c’est de reconnaître quand on n’a pas encore vraiment compris.

Ce que cette fonction permet

Donner du sens, simplifier sans trahir, relier, nuancer, transférer une idée dans un autre contexte, penser la complexité avec précision.

Comment on voit qu’il y a un blocage

  • Compréhension trop rapide, superficielle.
  • Lecture au premier degré uniquement.
  • Impossibilité de transférer dans un autre contexte.
  • “Je croyais avoir compris, mais je ne sais pas quoi faire.”

Conséquences du blocage

  • Contresens.
  • Rigidité de pensée.
  • Lecture littérale des situations.
  • Incapacité à manier la nuance.
  • Appauvrissement du raisonnement.

Métaphore à utiliser

Comprendre, ce n’est pas juste voir la porte ; c’est entrer dans la pièce, puis voir qu’il y a encore d’autres portes derrière.

Exemple concret

En classe, combien de fois quelqu’un dit “oui, ça va, je vois le truc”, puis se retrouve devant sa feuille sans savoir quoi faire. Il n’avait pas encore vraiment compris, il avait juste reconnu la forme générale.

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Reformulation profonde

Objectif : vérifier la compréhension réelle.

  1. Donner un concept ou une idée.
  2. Demander une reformulation avec ses propres mots.
  3. Puis une version plus simple encore.
  4. Variante : interdire les mots techniques.

“Comme si j’avais 10 ans”

Objectif : simplifier sans perdre le sens.

  1. Prendre une idée.
  2. L’expliquer comme à un enfant.
  3. Repérer les zones de flou.

Exemples et contre-exemples

Objectif : éviter le faux sentiment de compréhension.

  1. Donner un exemple juste.
  2. Donner un contre-exemple ou un exemple limite.
  3. Faire expliciter la différence.

Pourquoi en cascade

Objectif : aller en profondeur.

  1. Poser “pourquoi ?”, puis relancer 3 à 5 fois.
  2. Passer du niveau superficiel au niveau structurel.

Transfert de contexte

Objectif : tester la vraie compréhension.

  1. Prendre une idée comprise dans un contexte.
  2. La transporter dans un autre domaine.
  3. Nommer ce qui reste vrai, ce qui change.

Vocabulaire et précision

Objectif : redonner des mots à la pensée.

  1. Proposer des nuances de mots pour un même thème.
  2. Discuter des différences de sens.
Phase 3 · Fonction 7

Responsabilité

Définition de la fiche

La responsabilité n’est pas une fonction cognitive pure mais une fonction exécutive et identitaire. C’est la capacité à se reconnaître comme cause partielle de ce qui nous arrive et acteur de ce qu’on en fait. Ici, tout converge : perception, compréhension, décision, action.

Le point important

La responsabilité n’est pas se blâmer ni tout contrôler. C’est reconnaître là où j’ai du pouvoir et l’exercer. L’objectif est de passer de la réaction à un choix conscient, puis à une action assumée.

Ce que cette fonction permet

Développer l’autonomie, l’indépendance face aux choses, le pouvoir d’action, la lucidité, la capacité à sortir de la posture de victime pour redevenir acteur de sa vie.

Comment on voit qu’il y a un blocage

  • Accuser le système, le patron, le matériel, l’établissement, les conditions.
  • Le discours commence par “le problème, c’est que…” et s’arrête là.
  • Aucune énergie n’est mise dans “comment je peux faire avec ça”.

Conséquences du blocage

  • Immobilisme.
  • Perte d’énergie.
  • Absence d’action corrective.
  • Impuissance apprise.
  • On n’apprend pas de ses résultats, on subit.

Métaphore à utiliser

Tant que je laisse le volant à l’extérieur, je subis la route. La responsabilité, c’est reprendre le volant de ma réponse, même si je n’ai pas choisi toutes les conditions de route.

Exemple concret

Beaucoup de personnes arrivent en expliquant longtemps pourquoi “le système, le patron, le contexte” sont injustes. C’est peut-être vrai. Mais la bascule pédagogique consiste à poser : “Et toi, maintenant, qu’est-ce que tu peux faire, là où tu es ?”

Tous les exercices

Ma part dans la situation

Objectif : sortir de la posture de victime.

  1. Prendre une situation vécue.
  2. Répondre : “Qu’est-ce qui ne dépendait pas de moi ?”
  3. Puis : “Qu’est-ce qui dépendait de moi ?”
  4. Insister : même 5 % compte.

Langage responsable

Objectif : transformer la manière de se parler.

  1. Remplacer “on m’a obligé” par “j’ai accepté”.
  2. Remplacer “je n’ai pas eu le choix” par “j’ai choisi”.

Cause / réaction

Objectif : différencier l’événement et la réponse.

  1. Lister : situation / réaction.
  2. Demander : “Quelles autres réactions étaient possibles ?”
  3. En trouver au moins trois.

Délai de réponse

Objectif : sortir de l’impulsivité.

  1. Face à un stimulus, un message, un conflit, imposer 10 secondes de pause.
  2. Observer émotions et pensées avant d’agir.

Engagement action

Objectif : aligner parole et acte.

  1. Prendre un engagement simple.
  2. Le réaliser dans un délai court (“aujourd’hui”, “cette semaine”).

Conséquences

Objectif : développer la vision long terme.

  1. Avant une action, poser :
  2. “Conséquence à court terme ?”
  3. “Conséquence à long terme ?”

Miroir honnête

Objectif : développer l’auto-évaluation.

  1. En fin de journée, se demander :
  2. “Qu’ai-je bien fait ?”
  3. “Où ai-je fui ?”
  4. “Où ai-je été aligné ?”

Si c’était à refaire…

Objectif : transformer l’erreur en apprentissage.

  1. Reprendre une situation passée.
  2. Répondre : “Qu’aurais-je fait différemment ?”
  3. “Comment je ferai la prochaine fois ?”

Appropriation totale

Objectif : renforcer le positionnement intérieur.

  1. Prendre une difficulté actuelle.
  2. Dire : “Même si tout ne dépend pas de moi, je prends 100 % de responsabilité sur ma réponse.”
  3. Définir une action concrète en conséquence.
Phase 3 · Fonction 8

Voies de récompense cérébrales

Définition de la fiche

Les voies de récompense cérébrales ne servent pas seulement à ressentir du plaisir. Elles régulent surtout la motivation, l’engagement dans l’effort et la répétition des comportements. Autrement dit, ce n’est pas ce qui te fait plaisir, c’est ce qui te fait revenir.

Le point important

L’objectif est de retrouver un système de motivation sain, stable et orienté vers des actions utiles. Le piège moderne est de chercher à être motivé pour agir, alors que c’est l’action qui recrée la motivation : différer la récompense, valoriser l’effort, réduire les stimuli rapides, donner du sens.

Ce que cette fonction permet

Retrouver un système de motivation durable, reconnecter effort et satisfaction, valoriser les petites victoires, ressentir du plaisir dans le progrès plutôt que seulement dans les récompenses rapides.

Comment on voit qu’il y a un blocage

  • Circuits surstimulés : écrans, réseaux, dopamine facile.
  • Ou circuits désensibilisés : plus rien ne motive vraiment.
  • Dépendance aux récompenses rapides.
  • Difficulté à se donner du positif à soi-même.

Conséquences du blocage

  • Dépendances (nourriture, alcool, drogues, écrans…).
  • Recherche de validation externe permanente.
  • Impossibilité de maintenir des efforts utiles sans gratification immédiate.
  • Motivation instable et fragile.

Métaphore à utiliser

Si tu nourris un système de récompense uniquement avec du “sucre rapide”, il sature ou s’éteint. Il faut réapprendre au cerveau le goût de l’effort et du progrès.

Exemple concret

Quelqu’un peut être incapable de se faire plaisir pour lui-même, mais dépenser sans problème pour faire plaisir aux autres. Il attend alors qu’un contrat, une situation ou une validation externe lui donne enfin du positif.

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Gratification différée

Objectif : reconnecter effort et récompense.

  1. Définir une action simple.
  2. Interdire toute récompense immédiate pendant l’effort.
  3. S’accorder une récompense après.
  4. Exemple : 30 minutes de travail, puis une pause agréable.

Micro-victoires

Objectif : réactiver la motivation.

  1. Découper une tâche en petites étapes.
  2. Valider chaque étape.
  3. Reconnaître consciemment chaque réussite.

Sevrage des récompenses rapides

Objectif : resensibiliser le système.

  1. Réduire temporairement écrans, réseaux, stimulants rapides.
  2. Sur une période définie (2 h, une journée…).

Effort sans récompense immédiate

Objectif : dissocier effort et plaisir instantané.

  1. Choisir une tâche utile mais peu stimulante.
  2. La faire sans chercher de plaisir immédiat.
  3. Consigne : “Je fais parce que j’ai décidé, pas parce que ça me plaît.”

Visualisation de récompense

Objectif : activer la motivation avant l’action.

  1. Imaginer la réussite.
  2. Le bénéfice.
  3. Le ressenti après l’effort.

Suivi de progression

Objectif : rendre visible l’évolution.

  1. Noter chaque jour les actions réalisées et les progrès.
  2. Utiliser un support visuel (tableau, carnet…).

Revalorisation de l’effort

Objectif : changer le regard sur l’effort.

  1. Après une tâche difficile, se demander :
  2. “Qu’est-ce que cet effort m’a apporté ?” même si le résultat est imparfait.

Contraste

Objectif : renforcer la perception du plaisir.

  1. Alterner effort / repos.
  2. Alterner inconfort / confort (activité intense / pause calme).

Intention consciente

Objectif : orienter la motivation.

  1. Avant une action, poser : “Pourquoi je fais ça ?”
  2. Clarifier le sens et l’objectif.
Phase 4 · Fonction 9

Capacité à faire confiance

Définition de la fiche

La capacité à faire confiance permet d’avancer, d’oser, d’entrer en relation, de se sentir suffisamment en sécurité pour agir. Elle concerne la confiance en l’autre, la confiance en soi et la confiance en la vie.

Le point important

La confiance n’est jamais un problème d’origine, c’est une conséquence. La confiance est un problème de sécurité interne. Si tu te sens en sécurité dans un contexte, tu as confiance. Il ne s’agit donc pas de “forcer la confiance”, mais de travailler la sécurité intérieure.

Ce que cette fonction permet

Avancer, oser, entrer en relation, se sentir stable dans différents contextes, faire confiance sans être envahi par la peur, développer une base de sécurité interne.

Comment on voit qu’il y a un blocage

  • Doute permanent.
  • Projection dans l’échec (“et si je rate, et si ça se passe mal…”).
  • Peurs qui prennent le pouvoir.
  • La personne est à l’aise dans un contexte, et perd ses moyens dès que le contexte change.

Conséquences du blocage

  • Retrait.
  • Inhibition.
  • Anxiété et évitement.
  • Difficulté à parler, agir, passer un cap.
  • Perte de confiance en la vie, vision compliquée de l’avenir.

Métaphore à utiliser

La confiance, ce n’est pas une couche de peinture qu’on met par‑dessus. C’est ce qui apparaît quand les fondations sont solides. Si les fondations sont fragiles, tu peux repeindre autant que tu veux, cela craque.

Exemple concret

Une personne peut être très à l’aise avec ses amis et perdre complètement ses moyens dans un environnement nouveau. Ce n’est pas qu’elle a changé de personnalité, c’est que son niveau de sécurité interne n’est plus le même.

Tous les exercices

Historique personnel de la confiance

Objectif : identifier les racines du système de confiance / méfiance.

  1. Repérer quelques expériences où la confiance a été soutenue ou abîmée.
  2. Nommer ce qui a été décidé intérieurement (“plus jamais…”, “je ne peux compter que sur moi…”).
  3. Relier ces décisions au fonctionnement actuel.

Faits / interprétations

Objectif : séparer le réel de la projection.

  1. Prendre une situation relationnelle.
  2. Faire deux colonnes : faits / interprétations.
  3. Exemple : “il n’a pas répondu” (fait) / “il se fiche de moi” (interprétation).

Confiance graduée

Objectif : sortir du tout ou rien.

  1. Choisir une petite ouverture (petite demande, petite vérité partagée…).
  2. Observer la réponse réelle.
  3. Ajuster progressivement, sans tout engager d’un coup.

Évaluation réaliste

Objectif : baser la confiance sur des critères solides.

  1. Évaluer une situation ou une personne sur la cohérence.
  2. Sur la fiabilité dans le temps, et pas seulement sur l’impression du moment.

Confiance en son propre jugement

Objectif : renforcer la sécurité interne.

  1. Après une interaction, noter ce que j’ai ressenti et ce que j’en pense vraiment.
  2. Nommer ce que je considère juste pour moi.

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